Plusieurs médias libyens, citant des sources proches de Seif al-Islam Kadhafi, ont rapporté sa mort dans des circonstances encore floues, à Zintan, au sud-ouest de Tripoli, où il résidait depuis près de dix ans.
Son représentant au dialogue politique, Abdallah Othmane, a confirmé le décès et annoncé l’ouverture d’une enquête par le procureur général libyen afin de faire la lumière sur les faits.
Selon le correspondant d’Al Jazeera, Ahmed Khalifa, les informations disponibles indiquent que Seif al-Islam Kadhafi aurait été tué par balles. L’identité des auteurs et le contexte exact de l’attaque demeurent inconnus.
Des médias locaux évoquent une opération menée par quatre individus non identifiés, après la neutralisation des caméras de surveillance à son domicile.
De son côté, la brigade 444 a démenti toute implication dans cet assassinat, affirmant dans un communiqué officiel qu’aucun ordre n’avait été donné pour poursuivre ou cibler Seif al-Islam Kadhafi.
Un parcours politique et judiciaire controversé
Fils de l’ancien dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, Seif al-Islam a joué, dès les années 2000, un rôle central dans la vie politique libyenne, sans occuper de fonction officielle. Il a notamment conduit des négociations avec des parties étrangères, contribuant au règlement de plusieurs dossiers sensibles.
Lors de la révolution du 17 février 2011, il s’est imposé comme l’un des principaux défenseurs du régime, multipliant les apparitions télévisées pour soutenir son père et menacer les insurgés, qu’il qualifiait de « traîtres » et « d’agents de l’étranger ».
Arrêté en novembre 2011 près d’Obari, Seif al-Islam a été détenu à Zintan. La Cour pénale internationale a réclamé son transfert pour le juger pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité, une demande rejetée par les autorités libyennes.
En juillet 2015, la cour d’appel de Tripoli l’a condamné à mort par contumace, aux côtés d’autres figures de l’ancien régime. Toutefois, son avocat, Karim Khan, a annoncé en 2016 sa libération dans le cadre de la loi d’amnistie générale, décision confirmée en 2017 par la brigade Abou Bakr al-Seddiq à Zintan.
Un retour politique avorté
En 2022, Seif al-Islam Kadhafi a présenté une initiative politique qu’il qualifiait de « dernière chance » pour une sortie pacifique de la crise libyenne, appelant à l’organisation d’élections présidentielles et législatives inclusives, sans exclusion d’aucune partie.
En 2023, le président de l’Union des Juifs de Libye, Raphael Luzon, a révélé que Seif al-Islam sollicitait un appui pour un éventuel retour au pouvoir.
Dans l’attente des conclusions de l’enquête officielle, la mort annoncée de Seif al-Islam Kadhafi continue de susciter interrogations et spéculations, dans un contexte politique libyen toujours marqué par l’instabilité.




