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Gregory Bovino et l’ombre de la Gestapo : quand l’histoire se répète par les symboles

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L’apparition de Gregory Bovino lors des opérations de l’ICE n’a rien d’anodin. Par son uniforme, sa posture et la mise en scène de son autorité, il convoque un imaginaire historique précis : celui des polices politiques des régimes autoritaires du XXᵉ siècle, au premier rang desquelles la Gestapo.

Le long manteau vert olive, croisé, structuré par des épaulettes et des boutons métalliques, n’est pas un simple vêtement fonctionnel. Il rappelle directement l’esthétique des officiers de la police secrète nazie, conçue pour inspirer la peur, affirmer la domination de l’État et écraser toute contestation avant même qu’elle ne s’exprime.

Mais la similitude ne s’arrête pas à l’apparence. Comme la Gestapo, les opérations dirigées par Bovino s’inscrivent dans une logique de terreur administrative : arrestations spectaculaires, démonstrations de force dans l’espace public, ciblage d’une population désignée comme menace intérieure — ici, les migrants.

La Gestapo n’était pas seulement une police : elle était un instrument idéologique, chargé de matérialiser l’autorité absolue du régime et de faire comprendre que la loi ne protégeait plus, mais punissait. C’est précisément ce message que renvoie aujourd’hui cette mise en scène sécuritaire : la frontière entre maintien de l’ordre et répression politique devient floue.

Face aux critiques, l’administration Trump dénonce des comparaisons « excessives ». Pourtant, persister dans ces choix visuels et opérationnels, malgré leur charge historique évidente, relève d’une décision consciente. Ce n’est pas une coïncidence, mais une stratégie : utiliser les codes de l’autoritarisme pour imposer l’obéissance et normaliser la peur.

Nommer ces ressemblances n’est pas une provocation.
C’est un acte journalistique.
Car l’histoire l’a montré : lorsque les démocraties tolèrent les symboles de la police politique, elles en acceptent progressivement les pratiques.

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