Migration en Méditerranée – L’Italie a enregistré une forte baisse des arrivées de migrants au cours des dix premiers mois de 2026. Selon les données actualisées au 15 octobre, 24 092 personnes ont atteint ses côtes, contre 54 965 durant la même période en 2025 et 54 129 en 2024. Soit une diminution de plus de 56 % en un an, portant les arrivées à leur niveau le plus bas des trois dernières années.

Le Bangladesh reste le principal pays d’origine des personnes arrivées en Italie, malgré une baisse importante du nombre de ses ressortissants, passé de 16 175 en 2025 à 5 794 en 2026.
La Tunisie en net recul
Au-delà de la baisse générale, les chiffres révèlent une recomposition des routes migratoires en Afrique du Nord.
La Tunisie, qui occupait la troisième place en 2024 avec 7 158 arrivées, soit près de 13 % du total, a vu ses chiffres chuter à 1 519 en 2025, puis à seulement 1 275 en 2026. En deux ans, les arrivées en provenance de Tunisie ont ainsi diminué d’environ 82 %.
Cette évolution marque un recul considérable de la place de la Tunisie parmi les principaux pays de départ de la migration irrégulière vers l’Italie.

L’Algérie s’impose dans le classement
À l’inverse, l’Algérie connaît une progression particulièrement notable. Absente du classement des dix premiers pays d’origine en 2024, puis classée douzième en 2025 avec 1 115 arrivées, elle occupe désormais la deuxième place en 2026, avec 2 760 personnes, soit près de deux fois et demie le chiffre de l’année précédente.
La part des ressortissants algériens dans l’ensemble des arrivées est ainsi passée d’environ 2 % en 2025 à plus de 11 % en 2026.
L’Algérie devance désormais la Somalie (2 745 arrivées), l’Érythrée (1 973) et le Soudan (1 776). L’Égypte, qui occupait la deuxième place en 2025 avec 7 459 arrivées, enregistre également une forte baisse, avec 1 444 arrivées en 2026.
Des routes qui changent, mais une migration qui persiste
Ces données soulèvent une question essentielle : la baisse des départs depuis la Tunisie traduit-elle un recul durable de la migration irrégulière dans la région, ou plutôt un déplacement des routes vers d’autres points de départ, notamment l’Algérie ?
Le recul des arrivées depuis les côtes tunisiennes, parallèlement à la progression algérienne, suggère une recomposition des itinéraires migratoires en Méditerranée centrale. Il interroge également l’efficacité de la politique européenne de contrôle des frontières, qui repose en partie sur la coopération avec les pays de transit et de départ.
Réduire les arrivées sur une route donnée ne signifie pas nécessairement mettre fin aux départs. Ces évolutions invitent à examiner les conséquences des politiques de contrôle sur les itinéraires empruntés par les migrants, les risques auxquels ils sont exposés et les causes profondes qui les poussent à quitter leur pays.
Source : données relatives aux arrivées en Italie, actualisées au 15 octobre de chaque année. Chiffres à vérifier auprès des statistiques officielles avant publication.
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Crédit Photo: Hassan MRAD / ROOTS TV




