Africa Human Rights International

Afrique du Sud : quand la xénophobie trahit l’idéal panafricain

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Slim Kacem

L’Afrique ne peut pas défendre l’unité sur les tribunes internationales pendant que, dans ses propres rues, des Africains sont humiliés, pourchassés, battus — parfois tués — par d’autres Africains.

Ce qui se déroule aujourd’hui en Afrique du Sud n’est ni un accident, ni un épisode isolé. C’est une crise profonde, ancienne, et désormais aggravée : celle de la xénophobie intra-africaine.

Une violence qui dure, une honte collective

Les chiffres sont lourds, et ils dérangent :

  • Des centaines de morts en trois décennies
  • Des milliers de commerces détruits
  • Des dizaines de milliers de déplacés

Mais au-delà des statistiques, une réalité brutale : les victimes sont majoritairement des Africains venus d’autres pays du continent — Zimbabwe, Mozambique, Zambie, Tanzanie…

Des pays qui, hier encore, accueillaient et soutenaient la lutte contre l’apartheid.

Le poison du bouc émissaire

Dans un contexte de chômage massif, notamment chez les jeunes, la colère sociale est réelle. Mais elle est dangereusement redirigée.

Plutôt que d’assumer des décennies de mauvaise gouvernance, certains responsables politiques ont choisi la facilité :
désigner l’étranger comme coupable.

Le discours est connu :

“Ils prennent nos emplois.”
“Ils envahissent nos villes.”

Pourtant, ces affirmations ne résistent pas aux faits. Les travailleurs étrangers en situation régulière sont soumis à des restrictions strictes. Le problème n’est pas l’étranger — le problème est structurel, économique et politique.

Une blessure infligée à soi-même

La xénophobie n’est pas seulement une injustice morale.
C’est une erreur stratégique.

Elle :

  • fragilise l’économie
  • détruit le tissu social
  • décourage l’investissement
  • et isole le pays sur le continent

Autrement dit : elle affaiblit l’Afrique du Sud elle-même.

Mémoire courte, dette oubliée

Il y a une ironie douloureuse que l’histoire retiendra.

Quand l’Afrique du Sud luttait contre l’apartheid, elle n’était pas seule.
Le continent africain s’est levé. Il a accueilli, protégé, soutenu.

Aujourd’hui, des citoyens de ces mêmes nations sont pris pour cibles.

C’est plus qu’un paradoxe.
C’est une rupture morale.

L’unité africaine n’est pas un slogan

Le panafricanisme ne peut pas être une posture diplomatique ou un hashtag.

Il doit être une réalité vécue :

  • dans les rues
  • dans les politiques publiques
  • dans les discours politiques

L’ennemi n’est pas le voisin africain.
L’ennemi, c’est la pauvreté, l’injustice, et l’échec des systèmes.
Et aucun de ces fléaux n’a de nationalité.

Quelle réponse pour le continent ?

La question est désormais collective.

Les pays africains doivent-ils :

  • protéger plus fermement leurs citoyens à l’étranger ?
  • exiger des comptes diplomatiques ?
  • construire une véritable politique migratoire panafricaine ?

Le silence n’est plus une option.


Position de ROOTS TV

ROOTS TV condamne fermement toute forme de racisme, de xénophobie et de violence.

Nous appelons à :

  • une prise de conscience continentale
  • une responsabilité politique claire
  • et surtout, à une renaissance du projet panafricain

Parce que sans solidarité réelle,
l’Afrique ne pourra jamais devenir la puissance qu’elle aspire à être.

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