La décision des autorités tunisiennes de suspendre pour un mois les activités de la Ligue tunisienne des droits de l’homme marque un tournant préoccupant dans l’évolution du climat des libertés en Tunisie.
Selon un communiqué publié le 24 avril 2026, la Ligue a appris cette mesure sans notification officielle préalable. Elle y voit, si elle se confirme, une décision « arbitraire et dangereuse », constituant une violation flagrante de la liberté d’association et une atteinte directe aux acquis démocratiques pour lesquels les Tunisiennes et Tunisiens se sont battus.


Fondée en 1976, la LTDH n’est pas une organisation comme les autres. Elle représente un pilier historique de la défense des droits humains dans le pays et dans la région. Elle fut notamment l’un des quatre membres du Quartet du dialogue national, lauréat du Prix Nobel de la paix en 2015, pour son rôle décisif dans la préservation de la transition démocratique tunisienne.
Un climat de plus en plus hostile à la société civile
Dans son communiqué, la LTDH inscrit cette décision dans un contexte plus large de « restrictions systématiques » visant la société civile et les voix indépendantes. Ces derniers mois, plusieurs organisations majeures ont été ciblées, tandis que les activités de monitoring, notamment dans les prisons, ont été entravées.
Cette évolution s’inscrit dans un climat politique marqué par la concentration des pouvoirs entre les mains du président Kais Saied depuis 2021. Si ce dernier affirme agir dans le cadre de la loi et garantir les libertés, de nombreuses ONG nationales et internationales dénoncent une dérive autoritaire.
La suspension de la LTDH intervient également dans un contexte tendu pour les médias, illustré par la détention du journaliste Zied ElHeni, poursuivi après des prises de position critiques sur le système judiciaire.
Une voix historique réduite au silence ?
La LTDH a annoncé son intention de contester cette décision en justice, tout en réaffirmant sa détermination à poursuivre son combat en faveur des droits humains, « sans discrimination et sans crainte ».
Son président, Bassem Trifi, ainsi que l’ensemble des militants et militantes de la Ligue, appellent à une mobilisation large pour défendre les libertés fondamentales et préserver l’espace civique.
ROOTS TV exprime sa solidarité
Face à cette situation, ROOTS TV, notre média indépendant, porté par une ligne éditoriale engagée en faveur des droits, de la dignité et de la liberté d’expression, exprime sa solidarité totale avec la LTDH.
Nous considérons que toute tentative de museler une organisation historique de défense des droits humains constitue une menace directe pour l’ensemble de la société tunisienne.
Dans un moment où les voix libres sont de plus en plus exposées, il est essentiel de rappeler que la démocratie ne peut exister sans une société civile forte, indépendante et respectée.
ROOTS TV appelle l’ensemble des acteurs démocratiques, en Tunisie et à l’international, à rester vigilants et mobilisés pour la défense des libertés fondamentales.
Un combat qui nous concerne tous
Ce qui se joue aujourd’hui dépasse le cadre d’une seule organisation. Il s’agit de l’avenir des libertés en Tunisie.
Et face à cela, le silence n’est pas une option.




