Le ton monte dans l’affaire de la flottille « Global Sumud ». Alors que la communauté internationale réclame leur libération, la justice israélienne a décidé de prolonger de deux jours la détention de Saif Abukeshek et du militant brésilien Thiago Avila, figures centrales de cette mission humanitaire vers Gaza.

Interceptée en pleine mer Méditerranée, dans les eaux internationales, la flottille a été violemment prise d’assaut par les forces israéliennes. Au total, 180 militants non armés ont été arrêtés après l’attaque de 22 navires civils. Si la majorité a été expulsée vers la Grèce, les deux hommes restent détenus et transférés de force vers la Palestine occupée.
Mais au-delà de la détention, ce sont les conditions qui choquent. Témoignages concordants à l’appui, les militants dénoncent des violences systématiques : passages à tabac, privations, positions de stress prolongées. Thiago Avila affirme avoir été traîné au sol, battu jusqu’à perdre connaissance à deux reprises, puis maintenu à l’isolement, les yeux bandés. D’autres évoquent une détention de près de 40 heures dans des conditions inhumaines à bord du navire militaire israélien Nahshon.
Sur le terrain, la répression ne s’est pas arrêtée à l’assaut. Au moins 35 militants ont été blessés et 60 ont entamé une grève de la faim. Plusieurs témoignages parlent de strangulation, de coups ciblés contre les manifestants les plus actifs, et de placements en isolement.
Autre point explosif : le rôle de la Grèce. La flottille accuse Athènes de « collaboration active », pour avoir facilité l’intervention israélienne dans sa zone maritime et le débarquement des militants sans assistance adéquate, malgré des besoins médicaux urgents.
Sur le plan diplomatique, la tension est palpable. L’Espagne dénonce une « arrestation illégale » et rejette toute tentative d’associer les militants à des activités terroristes. Le Brésil, de son côté, exige également leur libération immédiate. En réponse, les autorités israéliennes justifient les interrogatoires par des impératifs sécuritaires.
Partie de Sicile avec 345 participants de 39 pays, cette mission visait à briser le blocus de Gaza. Comme en septembre 2025, elle se heurte à une réponse militaire. Mais cette fois, le scandale prend une dimension judiciaire et diplomatique plus large.
À deux jours de la prochaine audience, le sort de Saif Abukeshek et Thiago Avila reste incertain — symbole d’un affrontement qui dépasse désormais la mer pour se jouer aussi sur le terrain du droit international et de l’opinion publique.
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