La famille de Ghassen Henchiri lance un appel urgent après une visite au centre de détention qui a profondément alarmé ses proches. Selon les témoignages recueillis, son état de santé se serait fortement dégradé, ravivant les inquiétudes autour des conditions de sa détention et de l’accès aux soins.
Lors de la visite hebdomadaire, les membres de sa famille l’ont trouvé extrêmement affaibli, amaigri et souffrant. D’après les informations communiquées par ses proches, une ancienne blessure à la tête, consécutive à l’agression qu’il aurait subie lors des événements liés à la Flottille Sumud, se serait aggravée. Les fortes chaleurs, la surpopulation carcérale et les conditions de détention auraient accentué ses douleurs. Il souffrirait également de violentes douleurs dorsales qui l’empêchent de dormir.
Face à cette situation, sa famille affirme ne pas chercher à susciter la compassion, mais à alerter sur une urgence sanitaire. Elle appelle la défense, la Ligue tunisienne des droits de l’Homme, l’Instance nationale pour la prévention de la torture, ainsi que l’ensemble des organisations et avocats concernés, à intervenir rapidement afin de garantir à Ghassen Henchiri l’accès aux soins nécessaires, d’assurer sa sécurité physique en détention et de demander sa remise en liberté.
Selon les déclarations rapportées par son avocate, Me Afef Zarrouk, Ghassen Henchiri, malgré la souffrance, est resté davantage préoccupé par la situation à Gaza que par son propre sort. Il aurait demandé des nouvelles de la population palestinienne, de la guerre et de ses proches, affirmant avec conviction : « Je sais qu’ils ne m’oublieront pas ici. » Interrogé sur un éventuel regret concernant sa participation à la Flottille de la Résilience, il aurait répondu qu’il referait le même choix si c’était à refaire, avant d’adresser un message : « Gardez les yeux tournés vers Gaza… Nous, nous irons bien. »
Ses proches rappellent également que Ghassen Henchiri n’est pas le seul concerné. Les autres participants à cette initiative, Wael Naouar, Ghassen Boughdiri et Nabil Chenoufi, demeurent eux aussi en détention dans le cadre de la même affaire.
Au-delà du cas individuel, cette situation relance le débat sur la durée de la détention préventive en Tunisie. Plusieurs observateurs estiment que cette affaire dépasse désormais le simple cadre judiciaire et soulève des questions relatives au respect des libertés publiques, de la présomption d’innocence et du caractère exceptionnel que devrait revêtir toute mesure privative de liberté avant jugement.
Pour de nombreux défenseurs des droits humains, la détention provisoire ne saurait se transformer, par sa durée, en une peine anticipée. Ils rappellent que la protection de la dignité humaine, le droit à la santé et le respect des garanties fondamentales demeurent des obligations essentielles de l’État de droit.
Alors que les appels internationaux en faveur de la protection de l’action humanitaire et de la levée du blocus de Gaza se multiplient, le maintien en détention de personnes ayant participé à une initiative de solidarité continue d’alimenter les interrogations sur les plans juridique, humanitaire et politique.
Aujourd’hui, l’aggravation de l’état de santé de Ghassen Henchiri renforce les appels de sa famille et de plusieurs soutiens en faveur d’une prise en charge médicale immédiate et d’un réexamen de sa situation judiciaire, dans le respect des principes fondamentaux de la justice, de la dignité humaine et de la présomption d’innocence.




