Cette soirée revêtait une dimension particulière, puisqu’elle venait clôturer la 60e édition du Festival International de Carthage, organisée du 16 juillet au 19 août 2026. Soixante ans après sa création, le festival demeure un espace privilégié de rencontre entre les artistes, les générations et les différentes expressions de la culture.

Dans ce contexte, la présence de Majda El Roumi, présente sur la scène artistique depuis les années 1970, prenait une résonance particulière. La rencontre entre une artiste au parcours de près d’un demi-siècle et un festival célébrant six décennies d’existence incarnait un dialogue entre mémoire, transmission et continuité culturelle. Élégante et distinguée, fidèle à l’image de classe qui caractérise ses apparitions sur scène, l’artiste a une nouvelle fois imposé sa présence avec naturel et raffinement.
Malgré les problèmes techniques qui ont ponctué la soirée, le concert a conservé toute sa force. Les imprévus n’ont pas altéré la communion entre l’artiste et son public, révélant au contraire la maîtrise d’une interprète rompue aux exigences de la scène et capable de préserver ce lien avec les spectateurs.

Cette proximité s’est également exprimée dans les moments d’échange avec les gradins. Majda El Roumi a salué et remercié chaleureusement le public tunisien, portant le drapeau national sur scène en signe d’affection et de reconnaissance. Elle a également rendu un hommage particulier à son peuple libanais, qu’elle a décrit comme un peuple combattant, capable de « créer la joie pour vivre », malgré les épreuves.

Au-delà du répertoire interprété, c’est aussi cette dimension collective et humaine qui a marqué la soirée. Dans les gradins du théâtre antique, les chansons ont réveillé souvenirs et émotions partagés. À Carthage, la musique dépasse le cadre d’une simple prestation : portée par la mémoire du lieu et l’énergie du public, elle devient une expérience collective.
Pour conclure cette 60ème édition, Majda El Roumi a ainsi offert une soirée où se sont rencontrées l’expérience d’une grande voix de la chanson arabe et l’histoire d’un festival emblématique, dans un théâtre où la musique dialogue avec l’Histoire.




