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COUP DE TONNERRE EN ALLEMAGNE : L’AfD FRAPPE À 44 % EN SAXE-ANHALT

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Et si ce qui vient de se passer en Saxe-Anhalt annonçait un basculement beaucoup plus profond de l’Europe ?

Le 6 septembre 2026, l’Alternative für Deutschland (AfD), parti allemand d’extrême droite, a remporté une victoire historique aux élections régionales en Saxe-Anhalt.

Avec 43,8 % des voix dans les résultats provisoires, après des projections qui l’avaient donnée jusqu’à 44,5 %, l’AfD a plus que doublé son score de 2021, lorsqu’elle avait obtenu 20,8 %. La CDU, elle, s’effondre autour de 18 %.

Ce n’est pas une simple alternance régionale.

C’est un signal politique qui dépasse largement les frontières de la Saxe-Anhalt.

Pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, une formation d’extrême droite arrive aussi nettement en tête dans un Land allemand et se retrouve en position de tenter d’accéder au pouvoir régional. L’AfD n’a toutefois pas obtenu la majorité absolue et devra trouver des soutiens pour gouverner. Les principaux partis allemands continuent officiellement de refuser toute coalition avec elle.

Le projet de l’AfD est désormais impossible à ignorer

Après cette victoire, Alice Weidel a parlé d’un « mandat très clair » pour gouverner.

Elle a également réaffirmé les grandes lignes du projet de son parti : contrôle renforcé des frontières, expulsions des personnes qui doivent légalement quitter le territoire et fermeture des frontières.

Et la question européenne est loin d’être secondaire.

L’AfD défend depuis plusieurs années une remise en cause profonde de l’intégration européenne. Son programme a notamment prévu la sortie de l’euro et la création d’une nouvelle organisation européenne fondée sur les États-nations. Alice Weidel a encore récemment défendu la possibilité de sortir de Schengen et de rétablir un contrôle beaucoup plus strict des frontières.

Le Dexit, autrement dit la sortie de l’Allemagne de l’Union européenne, n’est donc pas une invention médiatique. C’est une question qui traverse depuis longtemps l’histoire politique de l’AfD, même si la formulation officielle du programme fédéral a évolué.

Et c’est précisément là que se trouve le danger.

L’extrême droite n’est plus à la périphérie

Pendant longtemps, beaucoup ont voulu croire que les partis d’extrême droite resteraient condamnés à jouer les trouble-fête depuis l’opposition.

Ce temps est peut-être révolu.

L’AfD vient de démontrer qu’elle peut devenir la première force politique d’un Land allemand.

Son discours repose sur une combinaison devenue familière dans toute l’Europe : nationalisme, rejet de l’immigration, fermeture des frontières, dénonciation des institutions européennes, défiance envers les médias et promesse d’un retour à une souveraineté nationale prétendument totale.

Le plus inquiétant n’est donc pas seulement le score de l’AfD.

C’est la normalisation progressive de ses idées.

Quand l’extrême droite passe de la contestation à la conquête du pouvoir, le problème n’est plus seulement électoral. Il devient institutionnel, social et démocratique.

De Magdebourg à Berlin… et demain ailleurs ?

La victoire de Saxe-Anhalt intervient dans un contexte où l’AfD progresse dans plusieurs régions allemandes et où elle cherche désormais ouvertement à transformer ses succès régionaux en conquête du pouvoir fédéral.

Alice Weidel affirme d’ailleurs attendre des élections fédérales anticipées et estime que le gouvernement de Friedrich Merz pourrait ne pas aller jusqu’à la fin de l’année.

Le résultat de Saxe-Anhalt est donc un avertissement.

L’extrême droite ne frappe plus à la porte. Elle est déjà dans les institutions.

Et ce qui se joue aujourd’hui en Allemagne concerne toute l’Europe.

Car derrière le discours sur la « souveraineté », la « sécurité » et la « protection des frontières », c’est aussi le projet européen construit depuis des décennies qui est remis en question.

Une Europe fragmentée, refermée sur ses frontières nationales, où chaque pays chercherait à se protéger seul face aux migrations, aux crises économiques, aux guerres et au changement climatique, serait-elle réellement plus forte ?

Ou serait-elle simplement plus divisée ?

Le danger est européen

La question n’est donc plus seulement :

« Jusqu’où l’AfD peut-elle aller ? »

Mais :

« Jusqu’où l’Europe laissera-t-elle l’extrême droite avancer ? »

Après l’Allemagne, la France observe.

L’Italie observe.

Les Pays-Bas, l’Autriche, la Hongrie et d’autres pays européens connaissent déjà la progression de forces nationalistes et radicales.

Le danger n’est pas qu’une droite radicale gagne une élection.

Le danger commence lorsque ses idées deviennent banales, lorsque l’exclusion devient une politique normale, lorsque l’étranger devient systématiquement présenté comme une menace et lorsque la démocratie elle-même est accusée d’être l’obstacle à la « volonté du peuple ».

Saxe-Anhalt n’est peut-être pas encore le début de la fin de l’Europe.

Mais c’est incontestablement un signal d’alarme.

Et ceux qui refusent de l’entendre aujourd’hui risquent de se réveiller demain dans une Europe profondément transformée.

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