La grève générale des avocats, organisée pour dénoncer les atteintes aux droits et aux libertés ainsi que les dérives qui touchent le fonctionnement de la justice, aurait dû être un moment de débat public et de visibilité démocratique. Pourtant, les journalistes et les photographes venus couvrir cette mobilisation se sont vu refuser l’accès au tribunal.

Cette décision soulève une double inquiétude. D’une part, elle limite le droit des avocats à faire connaître leurs revendications et à porter leur message auprès de l’opinion publique. D’autre part, elle empêche les médias de remplir leur mission essentielle : informer les citoyens sur un mouvement qui concerne directement l’État de droit et les garanties fondamentales.

Les avocats ne manifestaient pas pour défendre un intérêt corporatiste étroit. Ils exprimaient des préoccupations liées aux libertés publiques, à l’indépendance de la justice, au respect des droits de la défense et aux conditions d’exercice de leur profession. Autant de questions qui concernent l’ensemble de la société tunisienne.
Empêcher la couverture médiatique d’une telle mobilisation ne fait pas disparaître les interrogations qu’elle soulève. Au contraire, cela alimente le sentiment d’opacité et renforce les inquiétudes quant à l’espace accordé au débat public.
Dans une démocratie, les tribunaux, les avocats et les journalistes participent chacun à leur manière à la recherche de la vérité et à la protection des droits. Lorsque l’un de ces acteurs est empêché de remplir son rôle, c’est l’ensemble de l’équilibre démocratique qui s’en trouve fragilisé.
Plus que jamais, le droit d’informer et le droit de défendre doivent avancer ensemble. Car lorsqu’on ferme les portes à la presse et que l’on réduit la visibilité des voix critiques, ce n’est pas seulement une profession qui est touchée : c’est le droit du citoyen à comprendre ce qui se joue en son nom.




